Le blogue sur les médias et l'édition de Julien Brault
Le blogue sur les médias et l'édition de Julien Brault

Watchmojo.com, de Montréal, à la conquête de la toile





À l’occasion de la sortie de mon livre sur Pierre Péladeau, un brillant entrepreneur montréalais a délégué l’une de ses mojos (journalistes mobiles) pour m’interviewer. Ashkan Karbasfrooshan (il préfère qu’on l’appelle Ash) est propriétaire de Mojo Supreme, dont le principal site Internet est Watchmojo.com, une compagnie qui produit de courts vidéos pour différents portails dont Joost, MyspaceTV et Hulu.

Un peu plus d’un mois après avoir publié ses vidéos sur les sites qu’il alimente en contenu, Ash les rapatrie sur Watchmojo.com et les distribue sur des sites comme Youtube afin de faire connaître son entreprise. Ce qui est ironique, c’est qu’alors que je parle de l’étendue de Quebecor World à la mojo Leila Lemghalef (voir la vidéo ci-dessus), le géant de l’imprimerie est aujourd’hui sous la protection de la faillite, tandis qu’Ash est en train de redéfinir ce que c’est que d’être visionnaire dans la sphère des médias. Ash, dont le survol du site Internet personnel laisse pantois, a enseigné à McGill et Concordia, écrit deux livres, travaillé à la radio, dirigé plusieurs entreprises et ainsi de suite. J’ai l’étrange impression que ce n’est pas la dernière fois que je fais copier/coller avec son nom.

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La fin des nouvelles à TQS





Il n'y aura dorénavant qu'un joueur du secteur privé (TVA) au niveau des informations à la télé. Quelle autre chaîne, sinon TQS, aurait embauché Dany Laferrière en tant Monsieur météo? Rien n'est certain et, ne serait-ce que pour les 270 emplois qui sont en jeu, dont celui de Jean-Michel Vanasse, j'espère qu'il y aura un autre dénouement à la crise que traverse présentement TQS. Toutefois, le fait que TQS n'aie jamais été rentable et que le modèle d'affaires des télévisions généralistes soit de moins en moins pertinent (et rentable) laisse trop peu d'espoir.

Également, de tous les joueurs qui étaient intéressés à acheter TQS, Remstar était l'entreprise la plus solide. Rien à voir cependant aux Cogeco (ancien propriétaire de la station) et Rogers (acquéreur pressenti mais pas intéressé). Remstar, qui appartient aux frères Rémillard, est une compagnie à capital fermé, c'est à dire qu'elle n'est pas cotée en bourse. Ainsi, les pertes de TQS ne viennent pas affaiblir les résultats trimestriels d'une société milliardaire ; c'est de l'argent qui sort des poches des frères Rémillard. À titre d'exemple, si on prend pour référence les pertes de 18 millions de l'année dernière, ce sont 2054,79$ qui sortent du portefeuille des frères Rémillard chaque heure, 24 heures sur 24. Et vous, si vous perdiez 2000$ par heure ou 50 000$ par jour, quelle importance accorderiez-vous à la diversité de l'information au Québec?

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Quelques nouvelles sur les médias pour la fin de semaine



L'éditeur de livres et de magazines Vélo Québec Éditions a annoncé le 9 avril dernier qu’il faisait l’acquisition du magazine Québec Science, qui était jusqu'alors publié par le Cégep de Jonquière. Publiant entre autres Géo Plein Air et Vélo Mag, Vélo Québec Éditions gérait le service d'abonnement de Québec Science depuis deux ans.


Aussi, l’opérateur de stations de radio et de chaînes de télé spécialisée Corus, entre autres propriétaire de CKOI et du 98,5 à Montréal, engrange des profits records. La radio traditionnelle est ainsi loin d’être morte si l’on compare ses profits avec les pertes colossales des radios satellites. Aussi, le président de TQS démissionne, ce qui allait de soi après le rachat de la station par Remstar.


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Attention! : ce billet n’est pas objectif et encore moins journalistique



Entendu à Montréal a commencé sous la forme d’un blogue Wordpress auquel les internautes pouvaient soumettre des citations loufoques, étranges et, le plus souvent, drolatiques. Son fondateur Frederic Rappaz a sélectionné la crème des citations et quelques inédits, puis a classé le tout par thèmes pour donner naissance à Entendu à Montréal, le livre, qui est même préfacé par le romancier Christian Mistral. Publié par Amérik Média, le livre est en vente dans toutes les bonnes librairies.

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Lectorat des magazines ; c'est quoi cette histoire de mijoteuses?



Tandis que le sérieux magazine L’actualité a perdu cette année plus de 100 000 lecteurs, Qu'est-ce qui mijote vient déloger Coup de pouce, le magazine le plus lu au Québec depuis des années, avec une augmentation spectaculaire de 160 000 lecteurs. C’est du moins ce que j’ai retenu du sondage PMB 2008, sorti début avril. Qui plus est, l’avancée spectaculaire en terme de lectorat de Qu'est-ce qui mijote, qui devient le magazine le plus lu du Québec, survient durant la même année qui a vu naître le best-seller Le grand livre de la mijoteuse et autres livres sur même sujet. Comme je ne sais pas s’il est vraiment question de mijoteuses dans ce magazine que je ne connais que de nom, je n’en tirerai pas de conclusion. Toutefois, si quelqu’un sait ce qui se passe avec les mijoteuses en ce moment, n’hésitez pas à nous l’expliquer dans les commentaires. Voici le nouveau top 10 des magazines, selon leur lectorat :

1. 

1. Qu'est-ce qui mijote (1 317 000 lecteurs)

2.      2. Coup de pouce (1 300 000 lecteurs)

3.      3. 7 Jours (1 121 000 lecteurs)

4    4. Sélection du Reader’s Digest (1 096 000 lecteurs)

5.      5. Touring (ang-français) (1 078 000 lecteurs)

6.      6. Châtelaine (985 000 lecteurs)

7.      7. L’actualité (911 000 lecteurs)

8.     8. Les Idées de ma Maison (852 000 lecteurs)

9.      9. TV 7 Jours/TV Hebdo (837 000 lecteurs)

10.  10. Décoration Chez-Soi (822 000 lecteurs)

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La profession d'éditeur de magazines mène à tout





On dit que le droit mène à tout, mais l'adage est aussi vrai pour la profession d'éditeur de magazines, qui peut mener plus loin encore. Richard Branson en est le meilleur exemple, lui qui a quitté l'école à 16 ans pour fonder le magazine Student, un succès qui lui a permis de lancer Virgin Music, puis au fil des ans, les lignes aériennes, les trains, les téléphones cellulaires, les assurances Virgin... Le plus récent projet de ce rebelle devenu un gros poisson dans l'univers de la finance, Virgin Galactic, vient aujourd'hui de passer à un autre niveau. Alors que l'entreprise proposait jusqu'alors des vols spatiaux touristiques ne s'éloignant que très peu de la terre, voilà que Richard Branson prévoit établir une colonie sur Mars dès 2014 en collaboration avec Google. Dans la vidéo ci-dessus, il explique plus en détail les implications du projet qui porte pour l'instant le nom de Virgle.

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Les parts de marché des quotidiens à Montréal, prise deux




Certains blogueurs pour qui le graphisme n'est qu'un passe temps ont un talent certain en la matière, en plus d'une bonne plume et d'un sens critique développé. C'est le cas de Guillaume Lamy, sociologue et blogueur, qui a monté le superbe graphique ci-dessus suite à mon billet sur les parts de marché des quotidiens sur l'ÎLE de Montréal.

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ADbargains, un Expedia.ca de la publicité sous toutes ses formes




De la même manière que les agences de voyages vivent des moments difficiles depuis l’apparition des sites Internet libre-service tels qu’Expedia.ca, les agences de publicité s’apprêtent à vivre une période plus difficile encore. Tandis que les petites annonces sont drainées par les Kijiji et Craigslist (depuis peu disponible en français!) de ce monde et que les budgets publicitaires des médias traditionnels (télé, radio, imprimé) fondent au profit de la pub en ligne (à l’exception de l’affichage, qui se maintient), ADbargains propose maintenant aux annonceurs d’acheter des espaces publicitaires traditionnels et en ligne à même une plateforme qui n’est pas sans rappeler Google AdWords. L’entreprise canadienne, qui est basée à Toronto, permet notamment d’acheter des espaces publicitaires dans les principaux médias montréalais, dont notamment, au niveau de l’écrit, La Presse, Montreal Gazette, Journal de Montréal, Voir, Ici, 24 Heures… Bref, à peu près tous sauf Le Devoir.

Traiter directement avec les conseillers (lire vendeurs) publicitaires des différentes plateformes d’un même marché peut être long et fastidieux, ne serait-ce que pour obtenir leur grille tarifaire respective. Alors qu’on peut obtenir en quelques clics une colonne détaillant le lectorat et les tarifs publicitaires de différentes plateformes concurrentes, le besoin de traiter avec un intermédiaire, et de lui consentir une commission, se fait beaucoup moins criant. Malheureusement pour les agences, les entrepreneurs de ma génération risquent de leur préférer ce mode de fonctionnement à la fois pus familier et plus économique.

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Émile Girard vend ses sites Internet pour une rondelette somme (largement méritée)

Émile Girard, dit le gérant d'estrade, vient de vendre ses deux sites Internet collaboratifs Fanatique.ca (250 000 visiteurs par mois) et Humour Québec (100 000 visiteurs par mois) à Branchez-Vous!. Non seulement Émile Girard y gagne un emploi au change (producteur en charge des communautés chez BV), mais aussi, un montant significatif qui dépasse censément les 100 000$. La seule indication dont je dispose pour avancer ce chiffre est ce passage du communiqué officiel :

Dans le cadre de ces deux transactions, une portion du prix d'achat d'un 
des deux sites est payable en actions ordinaires du trésor de la société. A
cet effet, BRANCHEZ-VOUS! émettra 143 488 actions ordinaires au cours de
0,453 $ l'action.

Ainsi, cette portion d'un seul des deux sites vaut à elle seule 65 000$ selon le cours de l'action de BV en vigueur aujourd'hui. Comme on ne sait pas quelle proportion cette «portion» représente ni de quel site il s'agit, le montant total de la transaction pourrait être immensément plus substantiel que l'hypothétique 100 000$, mais pourrait difficilement l'être moins.

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Rachat de TQS ; rien n'est encore gagné pour le Monton noir



Que dire de cette annonce de rachat sur laquelle tant de rumeurs se sont succédés au courant des dernières semaines? Placé sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers en décembre dernier, l'avenir de TQS est depuis lors incertain. Troisième chaîne de télé généraliste au Québec, aucun de ses propriétaires successifs n'ont réussis à dégager un profit depuis sa fondation, et ce, malgré son orientation franchement populaire. Ses anciens propriétaires, Cogeco et, dans une moindre mesure, CTVglobemedia, en avaient quant à eux marre de cette machine à perdre cinq millions de dollars par année.

L'annonce de lundi m'a laissé perplexe, car bien que le nom de Remstar circulait parmi plusieurs autres, je ne voyais pas en quoi cette entreprise pourrait tirer profit d'une station de télé comme TQS. Personnellement, je croyais qu'un ambitieux créancier de TQS (un producteur) jouerait le tout pour le tout et ferait le pari de racheter TQS pour sauver la mise. Après tout, qui d'autre voudrait se doter d'une machine à perdre de l'argent? Propriété des frères Julien et Maxime Rémillard, Remstar est d'abord et avant tout un producteur et un distributeur de films. Ayant produit des longs métrages comme Ma fille, mon ange, Elles étaient cinq et Le secret de ma mère, Remstar planche maintenant sur Polytechnique, une coproduction entre Remstar et l'actrice Karine Vanasse (la copine de Maxime), qui jouera aussi dans le film.

À défaut d'être complémentaire ou de connaître la télévision généraliste, la famille Rémillard, qui possède notamment l'Hôtel Saint-James, a pour avantage d'avoir les poches autrement plus profondes que celles de la plupart des producteurs télé à qui TQS doit de l'argent. Si la famille Rémillard réussit à obtenir une modification de la licence de généraliste de TQS auprès du CRTC, elle pourra peut-être en faire une chaîne spécialisée en sport (110%) et en potins (Flash), un peu à l'image de CKAC, pionnières de la radio généraliste devenue une station sportive en 2007.

Pour en savoir plus, cet article de La Presse traite de l'aspect juridique de la transaction, cet article de Canoë rapporte le scepticisme d'Adrien Pouliot, l'un des fondateurs de la station et, toujours sur Canoë, Julien Béliveau se demande lui aussi comment Remstar pourra renflouer TQS. Du côté des blogues, Steve Proulx souligne que «c'est une fortune bâtie grâce à nos poubelles qui vient d'acquérir TQS» et Michel Dumais pose les questions auxquelles Remstar devra trouver des réponses pour rentabiliser sa nouvelle acquisition.

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Les Montréalais «préfèrent» Métro


Le quotidien Métro (Montréal) de ce matin révélait qu’il maintenait sa position de quotidien le plus lu sur l’île de Montréal et que son lectorat avait connu une hausse de 7%. Annoncée en une, cette «nouvelle» a reçu le même traitement que l’article sur le plan de redressement de l’UQAM. Non seulement je doute que le grand public s’intéresse assez aux enquêtes sur le lectorat des quotidiens pour publier une telle nouvelle ne première page (on peut fermer les yeux sur ce détail), mais les chiffres révélés dans l’article étaient clairement biaisés, par un savant tri des chiffres favorisant Métro.


Avec 477 600 lecteurs par semaine sur l’île de Montréal, Métro fait figure de leader en terme de nombre de lecteurs résidents de la métropole. Suivent au classement le Journal de Montréal, avec 447 700 lecteurs, La Presse, avec 339 600 lecteurs et 24 heures, avec 347 200 lecteurs. Tandis que la prédominance de Métro sur ses homologues payants (toujours sur l’île de Montréal) se passe d’explication, celle sur 24 heures s’explique par le contrat d’exclusivité qu’a signé Transcontinental (éditeur de l'édition montréalaise de Métro) avec la STM. Comme 24 heures est plus largement distribué dans les commerces de Montréal et même de ses banlieues, il rejoint plus de banlieusards que Métro et moins de résidents de Montréal, car sa distribution dans le métro se limite aux exemplaires distribués en main propre le matin aux usagers. Se limiter à décliner les chiffres sur le lectorat résidant de l’île de Montréal constitue un biais en faveur de Métro, dont le contrat d’exclusivité de 10 ans signé avec la STM en 2001 lui garantit pratiquement la suprématie à Montréal jusqu’en 2011.

À la décharge de Métro, on peut arguer que les autres quotidiens agissent ainsi lorsqu’ils abordent cette question cruciale du lectorat. Toutefois, il y a mélange des genres lorsque les quotidiens publient ces chiffres d’un intérêt tout relatif pour le grand public comme une nouvelle. Dans les faits, l’article vise les annonceurs du quotidien, pour qui le nombre et le profil des lecteurs sont les deux raisons pour lesquelles ils déboursent des milliers de dollars pour voir apparaître leurs publicités. Dans une grille tarifaire destinée à séduire les annonceurs potentiels ou dans une publicité qui leur est destinée, trier les chiffres pour se mettre en valeur est de bonne guerre.

Toutefois, dans un quotidien qui se respecte, les sondages sur le lectorat ne devraient pas faire exception et, s’ils sont présentés dans un article, ils devraient faire valoir l’envers de la médaille. Le département de la publicité et l’éditeur ne pourraient sans doute pas le tolérer. Aussi, ces informations sur le lectorat devraient paraître sous la forme d’une publicité à laquelle personne ne pourrait reprocher de faire un tri de l’information.


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Un premier arrêt de travail pour le Journal de Montréal?




Tandis que son frère cadet, le Journal de Québec, fait l'objet d'un lock-out depuis plus de 10 mois, le Journal de Montréal pourrait lui aussi faire l'objet d'un lock-out si ses employés ne se montrent pas compréhensifs durant les prochaines négociations. Sur son blogue, Steve Proulx cite Le trente et Le bulletin syndical pour étayer ses dires. On y a apprends notamment qu'il y aurait dans la salle de rédaction du JDM 20 cadres pour 65 journalistes...

Parce qu'il avait lancé le Journal durant un long arrêt de travail à La Presse (voire le premier numéro ci-dessus), Pierre Péladeau réglait toujours les négociations avec le syndicat du Journal de Montréal, le plus souvent en sa faveur, avant que cela ne dégénère en grève. Au début des années 1990, Pierre-Karl Péladeau avait préparé le terrain pour faire imprimer le Journal de Montréal en Ontario s'il le fallait et se montrait beaucoup, beaucoup plus dur en négociations que son père avait pu l'être avec ces derniers. Finalement, après beaucoup de casse de la part des employés du Journal de Montréal (qui ne sont pas des anges) et aucun résultat, Pierre Péladeau retira le dossier des mains de son fils, puis lui conseilla d'aller en Europe, où il travailla à développer le pendant européen de l'entreprise pratiquement en faillite qui s'appelle aujourd'hui Quebecor Word.

La donne est aujourd'hui différente, car Monsieur P. n'est plus et le Journal de Montréal, bien qu'il domine toujours son marché, accuse une baisse de tirage qui ne se démentit pas. Dans ce contexte, Quebecor Media doit-il accepter de verser des salaires que même les employés du Toronto Star rêveraient d'avoir.

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Les palmarès dans les médias





Les palmarès des ventes sont pour les auteurs et les éditeurs de livres une sorte sommet à atteindre. Il s’agit en quelque sorte d’une consécration populaire et démocratique, une «élection» qui se renouvelle chaque semaine, les électeurs étant les consommateurs de livres. Mais au-delà de la consécration, l’espace médiatique occupé par ces listes apporte aux livres qui y figurent une visibilité susceptible d’influer sur leurs ventes.

Au Québec, les deux palmarès qui font autorité sont ceux des deux principales chaînes de librairies, soit celui de Renaud-Bray et celui d’Archambault. Cette semaine, mon livre (Péladeau. Une histoire de vengeance, d’argent et de journaux) a d’ailleurs la chance de figurer aux deux listes, en 36e place sur le palmarès Renaud-Bray et en 9e dans la catégorie «ouvrage général» de celui d’Archambault.

À cause de l’importante part de marché occupée par Renaud-Bray (24 succursales) et son exhaustivité (45 positions toutes catégories confondues), le palmarès de Renaud-Bray a un certain prestige qui manque à son grand rival. Par ailleurs, sur le plan médiatique, le palmarès d’Archambault (15 succursales) bénéficie d’une visibilité extraordinaire. Propriété de Quebecor Media, Archambault peut se permettre de publier son palmarès dans les médias du groupe tels que les quotidiens Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec et 24 heures, dans les hebdomadaires ICI Montréal, Journal de Trois-Rivières et Journal de Sherbrooke et même à la télé, à TVA, dans le cadre de Salut Bonjour Week-End. Le palmarès Archambault est aussi publié dans le quotidien indépendant Le Devoir. Pour sa part, Renaud-Bray publie chaque semaine son palmarès dans les quotidiens La Presse et Le Soleil, de même que dans l'hebdomadaire Livre d’ici Internet (où je travaille).

Le Québec a cela de particulier que les principaux palmarès des ventes sont produits par des chaînes de librairies, puis publiés dans les journaux comme des publicités. Ailleurs, ce sont les médias qui concoctent eux-mêmes leur propre palmarès. Au Canada anglais, le palmarès du Globe and Mail garde le haut du pavé, aux États-Unis, celui de New York Times est tout puissant et en France, celui de l’hebdomadaire L’Express fait référence. Même si je connais très bien les médias et l’industrie du livre, je n’ai aucune explication à fournir sur cette particularité québécoise, si ce n’est celle de la société distincte…


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Les potins sur le Web, prise deux

Deux grosses nouvelles médias, qui nous arrivent ce matin, rejoignent à plusieurs niveaux ce que j’avais déjà écrit sur ce blogue. Premièrement, Branchez-Vous! vient de racheter Agence News, un réseau de sites Internet qui dont les deux principaux actifs sont le site Internet numéro un en terme de nouvelles artistiques au Québec, Showbizz.net, et le quotidien en ligne Matinternet, pour qui travaillent à temps plein quelque cinq journalistes. Le président de Branchez-Vous! Patrick Pierra avait-il lu mon billet qui traitait de l’absence des grands hebdomadaires artistiques sur Internet?

Comme si ce n’était pas assez, j’ai aussi appris hier, par l’entremise de l’excellent magazine Internet LeStudio1, que l’hebdomadaire artistique de Claude J. Charron, La Semaine, a lancé son site Internet, lequel propose un abonnement Internet. Les lecteurs du magazine pourront ainsi lire le magazine chaque semaine sur Internet, grâce à une technologie s’apparentant à celle de Papier Virtuel, dont j’avais traité plus tôt sur ce blogue. Le logiciel de lecture en ligne utilisé par Charron et Cie (la compagnie éditrice) est toutefois peu performant par rapport à Papier Virtuel, mais sans doute avait-on des réserves pour ce qui est de laisser à un tiers le soin d'héberger le contenu du magazine.

Drôle de coïncidence que ces deux nouvelles-là sortent presque en même temps! Profitez-en, chers amis des médias, l’abonnement à mon blogue est gratuit!


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Le Journal de Montréal veut vous débaucher

Non, le Journal n’a pas ramené sa célèbre « pin-up » de la page 7, car ce ne sont pas ses lecteurs que le quotidien de la rue Frontenac veut débaucher, mes les journalistes travaillant déjà pour d’autres publications. Plutôt que d’annoncer sur des sites spécialisés ou de publier une offre d’emploi dans ses pages, le Journal de Montréal a préféré publier un communiqué sur CNW-Telbec. Bien entendu, aucun média ne publiera sa demande, mais les journalistes, ces filtres de l’information, en prendront connaissance en parcourant leurs fils de presse. C’est à ce niveau que le verbe « débaucher » s’applique, car seuls les journalistes déjà en poste suivent les fils de presse; le Journal veut donc les débaucher. Rédigé à la manière d’une annonce pour les forces armées, le communiqué fait référence à ses enquêtes-chocs :

Attraper des pédophiles. Suivre la ministre des Transports, Julie Boulet. Révéler la facilité avec laquelle on peut travailler en anglais seulement dans les commerces du centre-ville de Montréal. Lever le voile sur le train de vie royal de Lise Thibault, à même les fonds publics. Infiltrer les zones interdites à l'aéroport Montréal-Trudeau. Filmer des voleurs de vélos. La vie des Raéliens. Les pires cours d'école... La preuve n'est plus à faire : Le Journal de Montréal se démarque de ses concurrents par ses enquêtes, ses dossiers et ses nombreuses primeurs. […]L'aventure vous intéresse? […]

 
Avec les salaires en vigueur au Journal, il n’y a pas de doute que l’instinct d’enquêteur de plusieurs journalistes sera réveillé par cette offre…


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Fouineux.com rejoint le réseau Canoë




Fouineux.com
, un site Internet qui donne accès d’une même page aux principaux outils de recherche utiles au Québécois moyen, s’est joint récemment au réseau Canoë. D’autres sections ont aussi été ajoutées au dynamique site Internet, dont «magasinage» et «recettes». Si le concept n’a rien de révolutionnaire sur le plan technique, le caractère local et bien adapté au marché québécois du concept semble avoir remporté un certain succès.

Que ce soit pour chercher un mot grâce aux principaux dictionnaires francophones, trouver un numéro de téléphone grâce aux annuaires comme Canada411 ou encore prendre connaissance des films à l’affiche dans le cinéma de votre quartier, Fouineux.com permet d’obtenir une réponse dans le temps de le dire. Si Fouineux.com permettait en plus aux internautes de personnaliser leur page, le site ferait sans aucun doute un tabac au Québec. Si je pouvais déplacer ou supprimer certains modules du site Internet et y ajouter mes Fils RSS, par exemple, j’en ferais sûrement ma page d’accueil, au détriment d’ iGoogle, que j’utilise présentement. À part cette amélioration souhaitable, le site est très convivial et très utile.

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Les autres quotidiens gratuits du métro




Les quotidiens gratuits du métro, comme Métro et 24 heures, qu’on nous remet en main propre chaque matin, ne trompent personne. En étant gratuits et distribués le matin devant et dans le métro, ils rejoignent un large public actif (ceux qui prennent le métro le matin) et vendent de la publicité aux annonceurs qui souhaitent le rejoindre. Toutefois, de plus en plus, les quotidiens supposément payants tentent d’aller chercher une partie de ces lecteurs du métro, en distribuant gratuitement l’édition du jour devant le métro. C’est le cas du quotidien The Gazette, qui est distribué de manière intermittente devant plusieurs stations de métro de l’Ouest de Montréal. La semaine dernière, on m’en a donné un exemplaire – une fois de plus – devant la station de métro Lionel-Groulx.

Bien que je ne sache pas à quand remonte cette pratique, je crois que que j’ai reçu mon premier exemplaire «gracieux» de The Gazette il y a un peu plus d’un an. Comme en fait foi l’image ci-dessus, les exemplaires distribués gratuitement sont étampés «Compliments of – Gracieuseté de – Empire Auctions – (514) 737-6586». Ainsi, le plus vieux quotidien au Canada encore publié aujourd’hui peut expliquer que le journal n’est pas donné, mais vendu à rabais à Empire Auctions aux fins de distribution gratuite. Ainsi formulé, cette pratique n’a rien de nouveau et rejoint celle, vieille comme l’aviation elle-même, de distribuer gratuitement un quotidien aux passagers d’une compagnie aérienne.

La circonstance qui m’a poussé à écrire ce billet est que, le même jour où on m’a donné The Gazette, on distribuait le Journal de Montréal gratuitement devant le métro Pie-IX, d’où je sortais exceptionnellement pour une entrevue à CIBL. Je savais que le Journal de Montréal était parfois donné dans certains cinémas, dans plusieurs ventes trottoirs et à l’occasion de plusieurs autres événements. Toutefois, dans ces circonstances, il était offert dans un sac plastique et il était évident qu’il s’agissait d’une commandite. La semaine dernière, par contre, le Journal de Montréal était distribué gratuitement devant le métro sans sac ni étampe, de la même manière que le quotidien gratuit de Quebecor Media, 24 heures, l’est chaque matin. Est-ce une bavure? Cela me surprendrait. Cette pratique sera de plus en plus significative, jusqu’à ce que les quotidiens payants deviennent carrément gratuits. Ce n’est pas de la science-fiction, puisqu’aujourd’hui même, Transcontinental annonçait la fermeture du quotidien The Daily News à Halifax, dans le but d’y implanter un quotidien Métro, dont le premier numéro paraîtra dès jeudi prochain…

Si on vous a déjà donné un quotidien payant devant ou dans le métro, je vous invite à témoigner de votre expérience dans les commentaires.

[Note «pas rapport» : J’aurais aimé écrire ce billet au courant de la semaine dernière, mais j’ai l’impression de ne pas en avoir eu le temps. Des blogueurs comme Vincent Abry, Steve Faguy et Dominic Arpin me désespèrent en cela qu’ils réussissent à publier trois, quatre et même cinq billets pertinents par jour. Vous n’êtes que des machines! Je connais votre secret.¨]

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Dominic Arpin de retour sur le Web en tant qu’indépendant

Le journaliste Dominic Arpin a fait son grand retour sur la toile hier, avec son tout nouveau blogue, Le patrouilleur du net. Après avoir cessé de bloguer sur DOA (Dead On Arrival), un blogue hébergé sur Canoë prédestiné à mourir de l’aveu de Dominic Arpin, le journaliste avait vu l’émission qu’il avait créé et qu’il coanimait, Vlog, disparaître de la grille horaire de TVA. Enthousiaste, c’est un tout nouveau Dominic Arpin que les blogueurs ont pu rencontrer hier, à l’occasion de Yulblog.

Durant le Yulblog d’hier soir, j’ai aussi eu l’occasion de discuter avec Émile Girard, Gérand d’estrade, mais surtout, grand patron de Fanatique.ca. Il m’a fait part de son doute qu’une entreprise médiatique web (qui produit du contenu) puisse générer autant de profit que les journaux ou les magazines à l’époque où ils régnaient en rois et maîtres sur l’information écrite. Selon lui, la croissance fulgurante du budget publicitaire global dépensé sur Internet augmente moins rapidement que le nombre de sites Internet qui visent à aller chercher une part du gâteau. C’est un constat troublant que faisait hier cet entrepreneur lucide. Surveillez-le, il représente en quelque sorte la relève d’une certaine industrie en crise.

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Fagstein, la machine à bloguer




Steve Faguy, alias Fagstein sur son blogue, est un journaliste professionnel et un blogueur pour le moins prolifique. Accroc à son blogue, qui traite essentiellement du Québec et des médias montréalais et canadiens, j’ai voulu percer ce mystère qui blogue en lui posant quelques questions.

Je vois apparaître des billets sur votre blogue à minuit, deux heures du matin et parfois même quatre heures. Êtes-vous une sorte de blogueur compulsif? Comment faites-vous pour concilier le métier de journaliste à temps plein et celui de blogueur 24 heures sur 24 ?

Pas si compulsif que ça. Je travaille plutôt les soirées, des fois jusqu'a 1 h 30 du matin. Je dors entre 4 h et 12 h le matin et, des fois, la dernière chose que je fais avant de dormir, c'est finir un billet pour le blogue. Durant la journée, je fais ma recherche en lisant des douzaines (même des centaines) de blogues et d’articles des journaux. La plupart des idées pour ces billets me viennent de ces lectures. Ainsi, je ne suis ni journaliste à temps plein (je travaille environ trois jours par semaine pour The Gazette maintenant, avec peut-être un article par semaine comme pigiste), ni blogueur 24 h/24 (je me lève presque jamais avant 11 h).

Quand et pourquoi avez-vous décidé de commencer à bloguer?

J'ai commencé sur LiveJournal, avec un blogue personnel pour moi et mes amis, mais j'avais toujours des opinions sur les médias et des autres idées que je voulais publier pour le grand public. Je voudrais aussi créer un «brand» comme pigiste et avoir une place pour mes articles. J'ai commencé Fagstein en février 2007.

Qu'est-ce que vous publiez sur votre blogue et que vous ne publieriez pas dans les médias traditionnels et vice-versa?

Ça, je ne le sais pas, parce que je n'ai pas le contrôle d'un média traditionnel. Je fais des liens vers des articles sur mon blogue (la section «My Articles»). Des fois, ça arrive que je trouve une idée d’article dans mes billets. La différence entre les deux, c'est ce dont ils ont besoin. Le journal a besoin d’articles d'un certain genre, mais je peux publier ce que je veux sur mon blogue.

Quel logiciel utilisez-vous pour bloguer? Pourquoi avez-vous abandonné Blogger?

J'utilise WordPress sur mon propre site. Je l'ai transféré de Blogger en mars après avoir crée un site sur fagstein.com.

Est-ce que vous croyez qu'un blogueur montréalais comme vous pourra gagner sa vie en bloguant dans un futur rapproché, et ce, tout en restant indépendant des groupes de presse?

Non. Je ne connais personne ici qui peut gagner une vie seulement en bloguant. C'est seulement les blogues les plus populaires (le top 100 au monde) qui permettent de faire cela. Et mon blogue a un public cible assez restreint : les Montréalais anglos qui s'intéressent aux médias, à moi ou aux nouvelles de la ville. J'ai beaucoup de lecteurs, mais ça en prend au moins 10 fois, même 100 fois plus avant que je vois du vrai argent avec des pubs.

Croyez-vous que le blogue en tant que média est là pour rester ou qu'il
s'agit d'un média transitoire?

Le blogue, ce n'est rien de spécial. C'est une plateforme, un logiciel qui nous aide à publier des textes. C'est ce qu'on fait avec qui est important. Les blogues donnent à tout le monde la capacité de publier. La plupart d’entre eux ne sont pas intéressants du tout, mais c'est facile de trouver des sites avec des idées stupéfiantes ( PostSecret, Strange Maps, Indexed, lolsecretz, etc.).

En terminant, quel est le plus grand plaisir que vous éprouvez en bloguant?

J'aime parler. J'aime quand les gens parlent de moi. J'aime aussi exprimer ma créativité.

Votre plus grand inconfort?

Parler des médias quand je travaille pour l’un d’entre eux, c'est difficile. C'est un conflit d’intérêts et il faut marcher sur une ligne très étroite, qui se situe entre l’ignorer et lui donner trop d'attention, entre le juger